Eugénie de Guérin (1805-1848)

Eugénie de Guérin

Pour Eugénie de Guérin, écrire c’était respirer. Mais elle savait quel rôle une femme devait tenir à son époque. Comme bien des femmes du XIXe siècle, elle assouvit sa soif de création littéraire dans une abondante correspondance et un journal destiné à son frère, quelques poèmes aussi.

Chrétienne fervente, toute dévouée à sa famille dont la mère meurt précocement, elle vénère son frère Maurice. C’est lui l’écrivain. Elle consacre sa vie à essayer de faire publier son œuvre. Cependant, ironie du sort : c’est son œuvre à elle qui est publiée en premier. Et c’est le fait d’un homme : Jules Barbey d’Aurevilly, grand ami de Maurice de Guérin, trouva dans les écrits de la sœur une telle force d’inspiration qu’il en publia quelques uns sous le titre Reliquae en 1855 à Caen. Puis c’est Sainte-Beuve, avec le soutien du même éditeur Guillaume Trébutien, qui publie l’intégralité du Journal en 1862, puis ses Lettres.

Publiée, presque contre son gré

Eugénie n’aurait jamais quitté le petit château du Cayla près d’Albi, s’il n’avait fallu se rendre à Paris pour le mariage de son frère Maurice avec Caroline de Gervain. Elle, la toute modeste à la foi inébranlable, n’aurait jamais cessé ses travaux domestiques si elle n’avait dû rester auprès de son frère malade dans l’hôtel particulier des Gervain. Jules Barbey d’Aurevilly fit alors son apparition. La Guérine lui parut laide mais son verbe l’éblouit. A la mort de Maurice, son grand ami Jules devient pour Eugénie le substitut du frère. Elle continue donc de destiner à Maurice défunt son journal intime, tout en écrivant des lettres à Jules :

« … puisque vous êtes là, frère vivant, et avec plaisir de m’entendre, je continue ma causerie intime

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